Sorti en 2008, l’Audi Q5 n’est pas une nouveauté. Apparue en 2012, la déclinaison SQ5 non plus, ce qui ne l’empêche pas de faire un carton. Avant son renouvellement en fin d’année, on a tenu à prendre en main le SQ5 car un SUV badgé « S » chez Audi est forcément improbable, encore plus quand il est mû par un diesel glouglouttant. Improbable, donc intéressant.

Le tour du proprio

Extérieurement, le SQ5 est donc un Audi Q5, déjà sympa avec ses porte-à-faux réduits et ses grandes arches de roues qui le rendent dynamique, se parant d’un survêtement « S » avec des ailes – très – légèrement étirées, des jupes et boucliers plus prononcés, de l’alu satiné sur les rétros, de grosses roulettes et surtout, la quadruple sortie « pas que d’échappement ». Explications : Ce SQ5 étant motorisé par le V6 Bi-TDI de 313ch et 650Nm, Audi voulait lui donner un peu de voix pour que la définition de l’engin ne soit pas assombrie par un claquement de mazout à tous les régimes. C’est simple, de chaque côté, vous avez 1 sortie d’échappement et 1 résonateur, qui marche sur le modèle d’un caisson « basse réflex ». Du coup, ce SUV diesel sonne, suivant le régime, comme un V6 ou un V8 essence. La sonorité de V8 est amplifiée dans l’habitacle par les haut-parleurs et globalement ça le fait, même si je ne suis pas fan de ces subterfuges.

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8 ans après, les lignes sont toujours attirantes

L’habitacle accuse clairement le poids des années. Le dessin se fait vieillissant même si l’ergonomie est toujours très correcte pour une auto qui a été conçue il y a plus de 8 ans. On voit que les ingénieurs de chez Audi ont bien bossé à l’époque. Le MMI « à l’ancienne » et un peu lent et l’écran incrusté dans la console n’a pas la définition de derniers modèles de la gamme. La connectique n’est plus à la page non plus avec une gosse carence niveau branchement. Une prise 12V dans l’accoudoir et une prise propriétaire pour l’USB dans la boîte à gants, c’est tout. En dehors de ça, la finition est … Audi … Les matériaux sont qualitatifs, les assemblages soignés, pas grand chose à redire. Sièges enveloppants, cuir au top, volant aux dimensions parfaites, ça fait plaisir de s’installer dans cet habitacle. La position de conduite est néanmoins grevée par une assise trop haute et un volant trop incliné, quelque soit le réglage. C’est là qu’on remarque la définition principalement urbaine du Q5, on est un peu trop en plongée sur la route.

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C’est le tableau de bord qui a le plus subit le poids des années

Sur la route

En ville, la position de conduite est un avantage. La vision est bonne, seuls les maxi rétros gâcheront un peu l’angle de ¾ avant. Même avec 4,64m de long et 1,91m de large, le SQ5 se montre super maniable, bien aidé par une direction souple et un diamètre de braquage avantageux. Le Drive Select réglé sur Individual avec tout en auto mais la sonorité en sport et hop, vous survolez les pavés grâce au bon tarage de suspension qui encaisse les déformations sans pour autant rendre l’auto molle comme un flanc. Le tout avec un glougloutement agréable. Le splendide bleu Sepang de notre exemplaire n’oublie pas de se faire remarquer. Il n’est pas très discret ce bleu mais il va, je trouve, à merveille à n’importe quelle Audi. Le SQ5 ne fait pas exception.

L’autoroute nous menant à la campagne est avalée d’un trait dans un silence monacal avec juste ce qu’il faut de glouglou en fond. Les bruits de roulement sont parfaitement filtrés et seuls quelques sifflements aéro se font entendre à vive allure à cause des gigantesques rétroviseurs. Si vous entendez ces sifflements, attention aux hommes en bleu (pas Sepang celui là) car vous êtes largement au dessus de la limite de vitesse. D’autant plus que vous êtes coupés du monde par la sono B&O qui restitue un son plein mais manquant toujours un peu de middle à mon sens. Le SUV est super stable et n’a qu’une très légère prise au vent latéral. En frontal, c’est une autre affaire…

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Ultra filtré, les sensations sont un peu lissées mais ça pousse …

On sort de l’autoroute et nous voici dans l’Oise, où les départementales ont tendance à être rapides et toutes en grandes courbes. Là, le Drive Select est passé en Dynamic et la boîte en manuel, grâce aux palettes au volant, idée qui ne nous avait même pas traversé l’esprit jusqu’ici tant la gestion auto des 8 rapports est bonne et s’adapte à votre rythme.

L’allonge du bloc TDI est bluffante. Le couple maxi disponible à 1450 tr/min s’occupe de lancer les 2 tonnes du bébé et après 3500 trs, là où un bloc diesel normal commence à s’essouffler, deuxième effet Kiss Cool. La puissance max est atteinte à 3900 tr/min et l’aiguille grimpe sans faillir jusqu’à plus de 4500 trs. Pas besoin de pousser plus, c’est là que vous aurez les meilleurs perfs et le bruit de V8 en prime. La boîte est ultra rapide et réactive pour une unité automatique. La poussée n’est ni brutale, ni impressionnante. Les 313ch sont tous présents et il faudra regarder le compteur grimper au même rythme que le compte-tours pour s’en rendre compte. Lisse mais pas inerte, loin de là. Le 0 à 100 est abattu en 5,2s et les 200 sont vite atteints. La vitesse maxi est limitée à 250 km/h.

Alors oui, ça pousse et l’agrément est carrément là mais est-ce que ça tourne ? Une petite section bien technique dont seuls les sous-bois du coin ont le secret se profile, alors vérifions ! Dans le serré, la caisse est bien verrouillée mais le roulis, présent, tempère vite vos ardeurs, d’autant que le toucher de route est vraiment amoindri par la position de conduite et le manque de remontées dans le volant. La prise d’appui est saine, le grip est génial la transmission quattro fait des merveilles mais il n’est pas sportif ce SQ5. Vous rentrez trop fort : gros sous-virage. Je préfèrerais parler de réel dynamisme. Les freins sont très bons et rassurent au vu des allures auxquelles la bestiole voyage. Le confort offert par la suspension n’aura jamais été mis en danger, même en dynamique, Audi ayant trouvé un très bon compromis compression/détente qui permet d’accrocher le SQ5 à la route, même vite, sans toutefois secouer ses occupants. Vif, coffreux, parfois même agile mais jamais radical.

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Le SQ5 convaincra surtout grâce à son réel agrément quelque soit le terrain de jeu

Bilan

Une très belle surprise que ce SQ5 qui se révèle être autre chose qu’un simple SUV diesel puissant. Le travail sur l’accastillage extérieur et intérieur, sur les trains roulants, sur le « package » global et la sonorité lui donnent une substance particulièrement attachante, mise en avant par un indéniable agrément à l’utilisation. Reste que la conso mixte de 6,6l aux 100 annoncée par Audi s’est plutôt transformée en 10,2l lors de notre week-end « bon train ». N’espérez pas descendre en dessous des 8,5 litres sur une utilisation normale. Avec un tarif de base de 74.350€, ça fait cher le SUV de taille moyenne mais on a rien sans rien ! Notre version d’essai était, elle, plutôt bien optionnée. Comprenez assez intelligemment, ce qui fait qu’au lieu de se rapprocher des 100.000€, elle s’en tenait à un tout petit peu plus de 81.000€. Le Q5 n’a plus que quelques mois à vivre mais son remplaçant n’étant pas prévu pour cette année, le SQ5 peut encore couler des jours heureux, et vous avec si vous aimez les autos polyvalentes.

La Passion :

  • Agrément moteur
  • Polyvalence
  • Sonorité

 

La Raison :

  • Intérieur daté
  • Position de conduite
  • Tarifs salés

LA CONFIG' DU BILLET AUTO

L’Audi SQ5 du Billet serai un SQ5 plus avec ses 340ch (79.370€). Il serait de couleur Bleu lunaire métallisé (sublime mais 1050€) avec les jantes de 21″ noires polies (730€). A l’intérieur, le cuir serait noir avec les surpiqures bleues (de série sur le plus) et en option, on choisirait la sono B&O (785€), l’adaptative cruise control (1250€), le side assist avec lane assist (1290€), la direction dynamique (mesquin à 1220€) et avec les 2/3 autres babioles, on est sur un joli 94.345€ …

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FICHE TECHNIQUE

Dimensions (Longueur/Largeur/hauteur) : 4,64 m / 1,91 m / 1,62 m

Moteurs : V6 diesel / deux turbos, longitudinal 2967 cm3

Puissance maxi : 313 ch à 3 900 tr/min

Couple Maxi : 650 Nm à 1 450 tr/min

Transmission : Inégrale, boîte auto 8 rapports.

Poids à vide (Constructeur) : 1 920kg

Rapport poids/puissance : 6,13 kg/ch

Vitesse maxi : 250 km/h

0 à 100 km/h : 5,2 s

Conso mixte : Annoncé 6,6 litres/100 km (10,2l avec le pied lourd)

CO2 (g/Km) : 174

Roues : 255/45/20

Freins AV : Disques ventilés (320mm)

Freins AR :  Disques ventilés (300mm)

Coffre : de 540 à 1560L

Tarif : A partir de 74.000 € (Modèle essayé : 81.270€)

VIDEO

PHOTOS

VIDEO BONUS 😉

Un grand merci à Eddy pour son aide précieuse, encore une fois 😉

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