Lors des derniers Audi Track Attack j’ai eu, en plus des RS6 et RS7 performance, l’occasion de prendre à mon tout l’Audi R8 V10 Plus  en main sur circuit et pas n’importe lequel. Le somptueux tracé de l’Autodromo de Vallelunga s’est offert à moi pour jauger la bête.

Le tour du proprio

L’Audi R8 V10 Plus, on la connaît et vous aussi. L’ami Stéphane l’avait essayée pour vous cet été à Portimao, alors on va faire rapide. Plus étirée, « aplatie », affutée, elle réussit à changer sans trop changer. Pour moi, la scission des SideBlades ne fait pas effet et la partie arrière singeant la limande énervée casse la ligne désormais légendaire de la R8. Dommage car la face avant est, à mon sens, une totale réussite. Alors quand on est devant l’auto je dois vous l’avouer, on ne fait plus trop le malin. On est impressionné par son côté ramassé, dynamique à l’avant, tendu au niveau de l’habitacle et LARGISSIME à défaut d’être sculptural à l’arrière. Mon regard ne peut ignorer la baie moteur renfermant, comme dans un écrin, cette pièce d’horlogerie qu’est le V10 5.2L FSI. 610ch teutons respirant à pleins poumons sans avoir, à aucun moment, recours à la respiration artificielle. Ahhhh l’atmo, c’est beau …

_DSC0283Sur la piste

Contact : Ah … je m’attendais à une déflagration mais non, le V10 s’ébroue calmement sans toutefois oublier de souligner son timbre immédiatement reconnaissable. Mode Dynamique enclenché, petite pression sur la pédale de droite et là, vos intestins dansent la gigue. C’est gave en bas, ça gronde au milieu et l’orchestre sort les cuivres en haut. « Tiens ! Les clapets se sont ouverts ». Une vraie symphonie. La position de conduite est très bonne mais le dossier – non réglable – du baquet de série est trop droit. Je quitte les stands avec devant moi la charmante Rahel Frey, pilote R8 LMS et TT Cup, elle aussi en R8. C’est parti pour quelques tours, elle accélère de plus en plus le rythme. On termine bon train, le temps pour moi, après ces quelques tours, de me rendre compte du potentiel ahurissant de l’auto. Dépourvu d’inertie, le V10 grimpe dans les tours comme pris de frénésie et emmène la R8 – pas si frêle que ça – et ses 1600 kg à des cadences dantesques en moins de deux. Le mieux ? Il aime prendre des tours et se montre réactif à souhait. Ne l’oublions pas, les 610ch sont atteints à 8250 tr/min et le couple maxi de 560Nm à 6500 tr/min. Tout comme sa cousine Huracán, la R8 ne cède pas aux sirènes de la suralimentation et du downsizing. De loin le moulin le plus enthousiasmant qu’il m’ait été donné de mener. 0 à 100 km/h ? 3,2s, ça colle au siège, 0 à 200 ? Moins de 10s (9,9s) ça commence à faire ! VMax ? 330 km/h. Je n’ai pas eu la liberté (ni la place) de tester, mais vu la facilité avec laquelle elle attrape 230 km/h sur un petit bout de droit je n’en doute pas. Au lâcher de pied, ça crépite dans tous les sens quand les vôtres sont mis en éveil.

_DSC0391Ce cœur fantastique est accouplé à la boîte double embrayage S-Tronic 7 rapports qui se montre incroyablement rapide, que ce soit à la montée ou à la descente des rapports. En plus, elle vous donne la main presque totalement en refusant d’enclencher le rapport supérieur au rupteur. Jouissif.

Le châssis, quant à lui, se veut précis, pointu, affûté … C’est réglé « safe » mais quelle efficacité !! La prise d’appui est immédiate et super naturelle grâce à une direction « explicite » et un toucher de route bluffant. Pas de sous-virage, la répartition des masses (48-52) est bénéfique. La ré accélération est sereine grâce au quattro qui envoie jusqu’à 100% du couple à l’arrière que le différentiel sport répartit parfaitement entre les roues droite et gauche. On sent l’auto pivoter, on peut prévenir ses réactions, les remontées d’infos sont au top, je me régale. Les freins céramiques de série offrent un mordant hallucinant et la pédale un bon toucher. L’attaque – souvent le point faible des céramiques – est idéalement franche et la course bien dosée. Après 3 tours du tracé de Vallelunga tambour battant, pas une once de fading n’est à déplorer. Un outil.

_DSC0363Bilan circuit

Bien qu’elle ne soit pas entièrement conçue pour les trackdays, la nouvelle Audi R8 fait preuve sur circuit d’une agilité et d’une explosivité bienvenue. L’agrément offert par son ensemble moteur/boîte/transmission est bluffant d’efficacité et n’oublie pas de vous récompenser en sensations fortes. Une boîte méca ? Avec une telle puissance et un châssis pareil, à moins de s’appeler Walter Röhrl, on serait vite dépassé par les évènements …

La Passion :

  • Moteur glorieux
  • Châssis vif, sûr et joueur
  • Supercar utilisable au quotidien

 

La Raison :

  • Ligne moins réussie
  • Dossier du banquet d’origine fixe
  • C’est dur d’en trouver une troisième …

LA CONFIG' DU BILLET AUTO

La R8 V10 Plus du Billet Auto sera Bleu Ara Cristal (1820€) avec les jantes en alliage léger de 20″. Rare chez Audi, tout ou presque est de série. En plus, nous choisirions les sièges sport (option gratuite) pour plus de réglages et pour avoir la sellerie Brun Vermont, franchement splendide. En plus nous prendrions le pack cuir étendu (3610€) et le pavillon moulé du plus bel effet (mais pas donné : 3290€). Autre option, les feux Laser à 3990€ et le Magnetic Ride à 2110€. L’addiction ? 217.325€

FICHE TECHNIQUE

Dimensions (Longueur/Largeur/hauteur) : 4,42m / 1,94m / 1,24 m

Moteurs : V10, 5 204 cm3

Puissance maxi : 610 ch à 8 250 tr/min (régime maxi : 8 700 tr/min)

Couple Maxi : 560 Nm à 6 500 tr/min

Transmission : 4 roues motrices, boîte 7 à double embrayage.

Poids à vide (Constructeur) : 1 555 kg

Rapport poids/puissance : 2,54 kg/ch

Vitesse maxi : 330 km/h

0 à 100 km/h : 3,2 s

Conso mixte : 12,3 litres/100 km

CO2 (g/Km) : 287

Roues : 245/35 R19 avant et 295/35 R19 arrière

Freins AV : Disques carbone-céramique (380 mm) étriers 6 pistons

Freins AR : Disques carbone-céramique (356 mm) étriers 4 pistions

Coffre : 226 litres à l’arrière / 112 litres à l’avant

Tarif : A partir de 199 000 €

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