Quand on s’achète une limousine, on a directement tendance à se diriger vers les cadors d’outre-rhin. N’oublions cependant pas qu’il existe d’autres propositions toutes aussi alléchantes. Parmi elles, la Maserati Quattroporte qui nous a ouvert ses portes en version GTS et en finition Zegna. Plus haut dans la gamme, tu meurs.

Le tour du proprio

La Maserati Quattoporte s’est renouvelée en 2013 et nous offre à présent un tout nouveau style. La version précédente était surtout connue pour son V8 4,7L atmo de supersportive directement échappée de chez Ferrari. Ce moulin faisait de cette limousine la plus lyrique de sa catégorie. Et pas que ! Une berline de plus de 5m de long qui sonne aussi haut et fort qu’une Porsche GT3, ça calme. Cette nouvelle itération de la limousine italienne sacrifie cette cathédrale sur l’autel du downsizing et inaugure une nouvelle unité, cubant 3,8 litres, gavée par 2 turbos. Bonne nouvelle quand même, il est aussi développé par Ferrari. La puissance fait du coup un bond de 90ch pour atteindre 530ch et le couple grimpe carrément à 710Nm ! Une des missions du jour sera de vérifier si elle est toujours aussi envoutante qu’avant sur le plan sonore et performances, mais nous y reviendrons un peu plus bas. Le style extérieur est un peu plus « carré » qu’avant mais conserve une allure fine et élégante. Pas de réelle coupure dans l’esthétique mais une évolution plutôt réussie à mon sens. Les 5,26m de long (oui c’est énorme) sont bien camouflés. Ce qui choque c’est l’empâtement : 3,17m ! On pourrait y faire un créneau en Smart. Ça profite directement à l’espace aux jambes à l’arrière.

_DSC0181Le résultat est réellement flatteur à l’œil et au toucher. Cuir et soie contrastante, surpiqures idoines et alcantara, tout y est. On s’y sent bien dans cet intérieur. Le carbone fleure bon la qualité mais certains plastics se faisant passer pour le l’alu ou du chrome peuvent décevoir. La partie Système Multimédia / écran GPS n’est pas non plus au niveau de la concurrence et le guidage peut même poser problème par moment. Quoi qu’il en soit, l’atmosphère est très qualitative et a le mérite de proposer quelque chose de complètement « à part » dans la production. Confortablement installé dans le siège conducteur, le bouton « Start » – tout droit sorti des US – me fait de l’œil. Qu’à cela ne tienne, contact !

_DSC0137Sur la route

Le V8 Biturbo se réveille tous papillons ouverts et la sonorité que dégagent les échappements est plus que flatteuse. Moins sonore que l’ancien 4,7L mais tout aussi qualitatif et récompensant. La boîte 8 en position D et l’auto décolle du parking du splendide domaine de Crayères avec majesté, tout juste accompagnée du feulement des 8 galettes. Comme sur sa sœur Ghibli, pas de modes de conduite à proprement parler. Juste une position Sport qui change les lois de passage des rapports, la réactivité de l’accélérateur et la sonorité de l’échappement ; un commodo qui commande l’affermissement de la suspension et un autre qui permet de passer la boîte en mode manuel. On retrouve aussi le mode I.C.E. qui permet de tout lisser afin d’économiser du carburant. Avec les réglages confort et la boîte en D, tout se passe à merveille et le cocon de soie et de cuir se déplace dans le calme, le luxe et la décontraction. Il faut cependant faire attention au compteur car c’est de la décontraction rapide ! Et oui, les 530ch sont tous là et je n’ai pas réussi à résister très longtemps, une dizaine de minutes à vrai dire. Hop ! Le « powertrain » et les suspensions en Sport, la boîte en manuel et en avant la musique !

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Oui, la musique, car même sous respiration artificielle, ce V8 chante juste et assez fort pour effrayer pas mal de monde. Il n’a pas le côté lyrique et strident de l’ancien 4,7L mais son glougloutement est très agréable quand ses envolées rendront les mélomanes heureux. Les premiers rapports sont à appréhender avec des œufs sous la pédale car les 710Nm (avec l’overboost) peuvent largement déborder le train arrière, même avec l’ESP on. Les accélérations sont fulgurantes et les relances dantesques. Il a certes perdu un peu de sa voix mais il propulse salement ce bouilleur. La boîte ZF enchaine chacun de ses 8 rapports avec rapidité et les palettes fixes (en alu) sont assez grandes pour être manœuvrées sans problème. La tenue de route est quant à elle tout à fait honnête compte tenu des 2 tonnes de l’auto et de son gabarit. Elle peut même se transformer en sportive sur les sections assez large grâce à son train avant précis et accoucheur et son train arrière rivé mais joueur à la demande. Très bon dynamisme pour un paquebot plus long qu’une Mercedes Classe S. A l’arrière, vos passagers ne seront pas – trop – secoués et prendrons du bon temps grâce au confort des sièges et à la qualité acoustique du système Bower & Wilkins. Les – riches – geeks seront toutefois un peu déçus de ne pas trouver toute la technologie embarquée disponible chez la concurrence. Sur les modèles 2016, il trouveront quand même l’association de Siri au système GPS/Multimédia. Un peu dommage d’être limité à ça sur une limousine de plus de 150.000€. En revanche, ils pourront détailler pendant des heures l’assemblage et la qualité des cuirs et de la soie de chez l’ami Ermenegildo Zegna. Passer un bon moment sur la route en tant que passager ou réfréner (ou pas) ses envies de sport légitimes en tant que « chauffeur », voilà un des secrets de cette Quattroporte Cru 2016.

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Bilan

Une évolution dans le bon sens plus qu’une complète révolution, cette Quattroporte n’en reste pas moins une auto envoutante. Une ligne de folie, un habitacle superbe, un moteur qui ne l’est pas moins et un châssis à la hauteur, voici les ingrédients de cette limousine « à part » qui rendra ses propriétaires heureux pour peu qu’ils n’aient pas peur des 19 litres aux 100 et puissent faire l’impasse sur quelques unes les millions de technologies embarquées disponibles dans le segment aujourd’hui. Si l’auto était parfaite, elle n’aurait pas ce « je ne sais quoi » qui la rend tellement désirable. Et si je devais choisir une limousine, je prendrais certainement en considération cette auto divine, aussi diva soit-telle.

La Passion :

  • Belle auto
  • Moteur plein et mélodieux
  • Confort

La Raison :

  • Quelques petits détails de finition
  • GPS pas très clair
  • Tarif

FICHE TECHNIQUE

Dimensions (Longueur/Largeur/hauteur) : 5,26 m / 1,95 m / 1,48 m

Moteur : V8 longitudinal 3,8 litres turbo essence

Puissance maxi : 530ch à 6500 tr/min

Couple Maxi : 710Nm à 2250 tr/min

Transmission : Propulsion / Boîte auto 8 rapports

Poids à vide (Constructeur) : 1900 kg

Rapport poids/puissance : 3,58 kg/ch

Vitesse maxi : 307 km/h (Constructeur)

0 à 100 km/h : 4,7s

Conso mixte annoncée : 11,8L/100 km (19L sur la journée dynamique)

CO2 (g/Km) : 274

Roues :  245/40/20″ avant et 295/35/20″

Tarif : A partir de 150.250€. Modèle essayé 154.218€

PHOTOS

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