Au Billet Auto, il y a une semaine que nous attendons tout particulièrement chaque année. Une seule. Elle s’appelle la semaine du Tour Auto.

Nous sillonnons les plus belles routes de France, à la poursuite des véhicules les plus mythiques des 30 Glorieuses ; 3000 Kilomètres à travers colza, forets, montagnes et villages de caractère.

Pour ces 5 jours complètement déjantés en compagnie de Joris, Abarth nous a proposé leur dernière création : la 695 Rivale. Savant mélange entre l’élégance du constructeur de yachts Italien et la sportivité du Scorpion.

Avec toute cette route, nous avons eu le temps de nous faire un avis bien précis sur cette bombinette, et vous n’allez pas être déçu. Je vous laisse donc embarquer avec nous dans cette folle aventure qui se termine toujours trop tôt !

L’ouverture du Grand Palais signe le début de la semaine. Les voitures enregistrées pour le Rallye y sont présentées au grand public. L’occasion  de profiter du décor féerique et de sa lumière naturelle si particulière s’abattant sur les courbes des anciennes.

Nous faisons un petit repérage des véhicules, quelques photos de détails, puis quittons les lieux avant l’arrivée de la foule.

Il est temps d’aller chercher notre monture. On ne sait pas trop à quoi s’attendre avec Joris. J’ai évité de lire les articles sur la voiture pour ne pas fausser mon avis.

Le Design

Les papiers signés et la clef en main, nous découvrons la belle… ou la bête, peut être les deux à la fois je ne sais pas trop… Ce que je vois en tous cas, c’est qu’elle en jette ! Sa base, la Fiat 500 à 11 ans tout de même, et pas une ride. Je suis très fan du Restylage effectué il y a quasiment 3 ans.  La préparation Abarth est très équilibrée, toujours aussi agressive et posée au sol.

Le bi-ton gris et bleu en rappel aux bateaux Riva et à la mer est du plus bel apparat. Sans compter le stripping bleu ciel en rappel à la ligne de flottaison des Yacht de la marque.

Petit coup de cœur pour l’accastillage sur la male arrière… certes en plastique mais cela lui rajoute une touche d’élégance non négligeable.

Assez perdu de temps ! Nous rejoignons Quentin et Corentin, nos compères photographes… eux aussi en Abarth 595 Pista ! L’occasion est trop belle, une séance shooting aux 4 coins de la capitale est nécessaire.

En ville

Nous voici donc sur le terrain de jeux présumé favoris de l’Abarth : la folie urbaine. Je dis bien présumé, car cela fait partie de nos préjugés sur la voiture.

Le gabarit et la visibilité en font une vraie citadine, pas de doutes là-dessus. Néanmoins, le rayon de braquage est digne d’un 35 tonnes ! Nous avons dû batailler dans les virages étroits de la ville ! La faute au moteur qui bride les passages de roues et la monte des pneus en 205 qui commence à faire large pour la 695 ! Oubliez les pavés avec, vous ressentirez chaque rainures de la route. Le tarage des suspensions est vraiment ferme, elle reste tout de même très drôle  à manier en milieu citadin.

Après avoir fait les zouaves toute l’après-midi et des shootings dans tous les sens, nous rentrons nous coucher pour attaquer la première journée du rallye.

Le départ

Direction le château de Courances à la frontière de l’Île de France. L’occasion d’analyser son comportement sur voie rapide. Un sacré chapeau tiré à Abarth ! La voiture est relativement silencieuse même avec la capote souple. Pas de mouvements de caisse, si propre aux citadines à haute vitesse. Mais l’absence du régulateur/limiteur de vitesse fait tâche !! Nous sommes en 2018 les gars ! Un point très désavantageux pour la 695.

Arrivé au château, les voitures se préparent à entamer la 27ème édition du Tour Auto. L’occasion pour Joris et toute la clique de faire de belles photos dans ce décor bourgeois et mystérieux.

Ca y est ! Le départ est lancé, direction la Bourgogne sur la route des vins… et du Colza ! Les petites départementales ne sont pas encore très amusantes, mais les décors sont si beaux ! Nous voyons les premiers véhicules du Rallye en action. Quel bonheur de retrouver ces odeurs d’anciennes, ces bruits si caractéristiques. Une  senteur d’huile, un craquement de crabot, le sifflement des pignons, la combustion en mélange riche…

Comportement et Performances

Les départementales commencent à sillonner même si les passages sont encore rapides. Le comportement de l’Abarth est bluffant ! Le châssis est extrêmement sain, même sur les transferts de charges assez appuyés.

L’arrière pivote juste assez pour laisser place à beaucoup de fun. Merci l’empattement court et les amortisseurs Koni FSD.

C’est toujours un bonheur de conduire un véhicule léger. 1075 kg sur la balance, une plume autrement dit ! La position de conduite reste tout de même assez troublante. Il n’est pas possible pour moi de trouver l’équilibre entre la distance du volant et celle des pédales. Si je règle ma longueur de jambe comme il le faut, les bras sont trop loin du volant.

L’accélération est assez épatante pour ce petit jouet. Les lignes droites s’avalent très vite ! On parle de 6.7 secondes au 0-100 km/h tout de même. Seulement à 3 dixièmes d’une Mégane 3 RS !

Le 1.4 Turbo est très coupleux, l’inertie du turbo se fait ressentir assez fortement à bas régime. Ce temps de réponse participe tout de même parfaitement à la brutalité de la voiture, cela va sans rappeler les R5 Turbo qui vous envoyaient une soufflante à partir de 3000tr/min en pleine face… et parfois dans le ravin !

Le bloc manque un peu d’allonge (zone rouge à 6200 tr/min), mais sur des si petite cylindrées turbocompressées, il est difficile d’obtenir plus de régime. Le 1.4 s’accompagne de la boite robotisé… que l’on aime ou l’on déteste.

Elle n’a que 5 rapports ! La boite a donc un étagement long. Pas forcément très adapté à un usage sportif. Heureusement, ce défaut est rattrapé par le couple du moteur.

L’usage en mode automatique n’est vraiment pas satisfaisant. A vrai dire, je l’ai utilisé à 95% du temps avec les palettes.

En usage sportif, elle vous assènera d’à-coups violents, voire très violents !

Elle n’est clairement pas au niveau d’une boite automatique ou double embrayage actuelle, mais qu’est-ce que c’est drôle ! Elle me rappelle les boites robotisées E-Gear  des Lamborghini Murcielago et Gallardo qui étaient ultra brutale. Quitte à avoir une boite peu efficace, autant la rendre fun !

La technique pour lisser les rapports consiste à relâcher les gaz juste avant d’enclencher la palette. Résultat : un passage plus fluide et une détonation à l’échappement décuplé !

Parlons de cet échappement Akrapovich d’ailleurs. Quel monstre en mode sport ! Le ralenti annonce la couleur. Dès que l’on met un coup de gaz au point mort, on entend le turbo siffler comme s’il était en sortie de ligne.  Personne ne s’attend à voir débouler une citadine avec un tel bruit. On se rapproche fortement d’une sonorité de rallye. Sans compter les déflagrations immatures tirées à chaque rapport.

Le comparatif

Afin de comparer, J’ai essayé la 595 Pista qu’avaient Quentin et Corentin. La boite manuelle est très fun à utiliser, les rapports de boites sont exactement les mêmes sur la Rivale, mais l’agrément est plus agréable. Puis, pour un puriste comme moi, une boite mécanique vaut tout l’or du monde !

Elle est équipée de l’échappement Record Monza qui est encore plus expressif que l’Akrapovitch. Elle pétarade moins, mais les décibels s’affolent. Quentin a néanmoins trouvé une technique pour réveiller tout un quartier : passer son rapport à 4000 tr/min très précisément et vous aurez une unique déflagration mais pas des moindre. Même dans une autre voiture avec les fenêtres fermées et 200 mètres derrière, vous l’entendrez !

Nous avons sauté la première spéciale pour rejoindre le circuit de Dijon en avance sur les concurrents.

J’en profite pour me balader sur le parking visiteur et invités. L’occasion de dénicher des petites perles : BMW M1, Ferrari F12 TDF, Audi RS2, Chevrolet Camaro ZL1 et j’en passe.

La route continue ensuite vers Besançon, le soleil se fait de plus en plus discret. La lumière devient dorée, Nous trouvons un spot au sein d’une large prairie offrant une vue dégagée sur les bolides.

Le panorama est magnifique, éphémère. Une fois les dernières lueurs passées, nous reprenons la route en direction de l’hôtel. Petit inconvénient de la voiture, les feux ne sont pas automatiques ! Un bémol encore important au même titre que le régulateur.

Réveil à l’aube, direction Megève cette fois ! Les routes sont très prometteuses. Dès la sortie de Besançon l’asphalte se met à virevolter ! Première étape de la journée, le circuit de Bresse.

Les routes sinueuses

Ici encore, l’Abarth est bluffante, les épingles, chicanes, enchainement étroits… rien ne lui résiste. Elle se place sans peine. La motricité est plutôt bonne sans exceller puisqu’elle n’est pas équipée du différentiel à glissement limité mécanique comme la Pista. Elle se contente d’un différentiel mécanique classique qui n’est pas sans déplaire. Cela lui ajoute encore une touche de brutalité. Il faut bien être précis sur les gaz en sortie de virage. Pour vous aider à gérer cela,  la remonté de couple dans la direction se fait bien ressentir lors d’une perte de grip.

La monte des pneus en Pilot Sport 3 est très honorable même sur route grasse. Cependant, elle reste en dessous des Pzero qui équipent la pista.

Arrivé au Circuit, nous laissons Joris afin qu’il puisse immortaliser les bolides en action sur la piste.

Nous en profitons pour déjeuner avec Quentin et Corentin dans un petit relais routier au bord du circuit. Nous avons échangé sur l’intérieur de la voiture qui, à première vue, est très plaisant. Les plastiques sont, tout de fois, pas à la hauteur d’un véhicule proposé à plus de 30000 euros. Ils sonnent creux que ce soit les montants de portières, le haut du tableau de bord… la sellerie en cuir bleu et les inserts en carbone de la Rivale sauvent tout de fois la qualité de l’intérieur. Nos impressions sont assez similaires sur les voitures. « Fun » est le mot revenant le plus durant la conversation.

Cela s’est vérifié lors de l’étape Megève Avignon. Nous sommes passés par la Drôme profonde, au-dessus de Die. Les routes étaient étroites, à flanc de rivière, collées à la roche. Les Abarth s’en donnaient à cœur joie tandis que la BMW 440i de JB peinait à suivre notre rythme. Le poids faisant toute la différence sur ce type de route.

En bref

Vous savez dorénavant tout sur l’Abarth 695 Rivale. De la manière la plus objective possible. Mais la seule raison d’acheter cette voiture, c’est l’émotion. Elle est loin d’être parfaite, il y a des défauts qui, en temps normal, seraient rédhibitoires pour moi. Mais sincèrement, je me suis régalé avec. La rendre était un moment de torture.

J’ai appris à l’aimer sous tous ses angles. Dans toutes les conditions. Particulièrement la Rivale car là où la Pista privilégie l’efficacité, La Rivale joue la carte de la brutalité. Après être passé par le mont Ventoux, le col du Turini, le Verdon, cette citadine prouve à quel point ses gènes sont imprégnés du Rallye. Elle est faite pour attaquer des routes qui ne pardonnent pas. En 2018, où les SUV fades aux comportements sans intérêt se vendent comme des petits pains, cela fait du bien de voir, encore, des voitures aux telles capacitées.

Remerciements

Je tiens à remercier toute cette bande de fous avec qui j’ai passé une des plus belles semaines de ma vie : Ugo, jean-Baptiste et Julien dans la BMW 440i. Quentin et Corentin dans l’Abarth 595 Pista, et le meilleur pour la fin, Joris. Mon coéquipier qui m’a fournit ces photos toutes plus magnifiques les unes que les autres.

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Les photos

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La note de la 695 Rivale
Un style assumé !Châssis super funSonorité monstrueuse
Qualité des plastiques décevantManque cruel d'optionsConfort très spartiate
78%Waouh !
Style85%
Habitacle60%
Moteur75%
Comportement90%
Avis des lecteurs 24 Avis
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