Nissan nous a invité sur la Côte d’Azur afin d’essayer la nouvelle Leaf, gros enjeux pour la firme Nippone après avoir écoulé 300000 exemplaires de la première génération à travers le monde.

En effet, après 8 ans de bons et loyaux services ainsi que le palmarès du véhicule électrique le plus vendu dans le monde, Nissan renouvelle son modèle : la relève se faisait attendre !

Le style

Nous arrivons à l’hôtel en fin d’après-midi pour la conférence de presse. Les voitures étant garées devant ce dernier, j’en profite pour faire un premier tour esthétique de la Leaf.
Première surprise, la voiture est devenue belle ! Son design est moins osé par rapport à la précédente génération. Consensuel serait le mot exact. Je dirais même un tantinet sportif. Le diffuseur arrière en est un bel exemple : On y retrouve le phare antibrouillard au centre comme en formule 1 !
La couleur biton noir et blanc sur cette finition Tekna est du plus bel effet, ainsi que les reflets bleus propres aux véhicules électriques Nissan.
Le design est fortement inspiré de la Micra qui inaugure le nouveau style de la marque ; on retrouve donc un véhicule cohérant avec le reste de la gamme. Il en est fini de la mode aux designs décalés pour assumer sa motorisation responsable, comme initiés par la Toyota Prius.
Le lendemain, nous prenons la route pour toute la journée.


Clef en main, je découvre ma monture ; nous pouvons enfin rentrer dans le vif du sujet !
Coté habitacle, l’effort de Nissan est palpable ! La finition est en net progrès, nous retrouvons une jolie surpiqûre bleue tout le long du tableau de bord. La partie centrale est très bien travaillée mais dès lors que l’on pose sa main sur les parties hautes et basses, ou encore sur les garnitures de portières, nos doigts se heurtent à des plastiques creux ! Sans doute pour des raisons de gain de poids. Et oui… Batterie de 40 Kwh oblige, la voiture ne pèse pas moins de 1500 kilogrammes.
La sellerie est réussie, mélange de cuir et d’alcantara, avec, en rappel au tableau de bord et à l’accastillage extérieur, des surpiqures bleues. C’est qu’elle s’embourgeoise cette Leaf !
J’ai été étonné par quelques options peu communes à ce type de véhicule : Le volant ainsi que les sièges avant ET arrière sont chauffant, la possibilité de chauffer ou climatiser le véhicule à distance grâce à son smartphone et, surtout, la conduite semi autonome !
Coté multimédia, Nissan se met à la page sans non plus surpasser la concurrence. L’interface est fluide, moderne ; rien de fabuleux, contrairement à celle de Tesla.
Bon point pour le système de son Bose qui est de très bonne qualité, cependant l’amplificateur est placé n’importe comment dans le coffre ; il aurait pu être dissimulé mais… ils n’ont pas trouvé de place.

Sur la route

Pied sur le frein, bouton start enclenché, je sors de l’hôtel dans un silence de cathédrale afin d’arpenter les routes du bord de mer.
La voiture est très facile à prendre en main, les commandes sont douces, la direction légère, le frein moteur est très discret au premier abord. Toutefois, nous pouvons modifier son intensité à l’aide du sélecteur de vitesse qui propose un mode « B », très pratique dans les descentes.
Nissan propose une méthode de conduite assez novatrice sans pour autant qu’elle révolutionne le quotidien : elle se nomme la E-Pedal.
En l’activant, vous ne pouvez conduire votre véhicule qu’avec la pédale d’accélérateur. En effet, en relâchant entièrement le pied, nous ressentons une décélération assez conséquente, suffisante pour 95% des freinages à effectuer sur un trajet quotidien. Point important, cette technologie a été travaillée avec la communauté des possesseurs de Leaf.


Après avoir quitté Cannes, le Massif de l’Esterel se dessine devant moi. Les routes sinueuses se dévoilent petit à petit, il est temps de tester le comportement dynamique de la voiture.
Point étonnant de la part de ce type de véhicule : le châssis !
Les batteries étant entreposées sous le plancher, entre les deux essieux, elle se retrouve avec un centre de gravité entonnement bas, ce qui lui confère des qualités dynamiques à en faire pâlir la concurrence. Seul petit défaut qui bride les sensations : les pneus économiques qui ne lui offrent pas une tenue de route exceptionnelle.
La voiture n’a pas de roulis, sous vire très peu et les mouvements de caisse sont très limités. De plus, les performances sont très honorables : 150 chevaux et 320 Nm de couple des 0 tr/min pour un 0 à 100 km/h abattu en seulement 7,9 secondes !

J’arrive à Saint Raphael, tout sourire, ravi de retrouver les si belles routes de l’Esterel.
Nous mangeons local et repartons vers Nice, en empruntant l’autoroute, afin de tester le ProPILOT. Cette conduite semi autonome de niveau 2 est assez convaincante. Elle corrige les trajectoires avec douceur et se place comme il faut entre les files.
Petit bémol, dès qu’il se met à pleuvoir, la Leaf demande au conducteur de reprendre le volant car le marquage au sol est moins visible.
Nous sommes arrivés à Nice avec 20% de batterie en réserve. Ce n’est pas mal du tout pour une batterie de 40kwh ! Et c’est une grande avancée par rapport à l’ancienne génération.

En bref

Ce séjour m’a permis de comprendre à quel point Nissan prend au sérieux la mobilité de demain. La voiture a été retravaillé de fond en comble, que ce soit le design, l’habitabilité ou encore les organes internes.
Elle se place en sérieuse concurrente aux voitures thermiques de sa catégorie. L’autonomie est loin d’être ridicule, l’offre de recharge se développe à grande vitesse mais surtout, la marque a décidé de penser au-delà de la voiture.
Par exemple, pour pallier le problème des départs en vacances peu avantageux avec une voiture électrique, Nissan a eu la brillante idée de créer des partenariats avec Hertz et SNCF, dans le but d’acheminer gratuitement sa Leaf par train, afin d’en profiter sur ses lieux de vacances ou, tout simplement, de louer gratuitement une voiture thermique pour prendre la route sans se soucier de l’autonomie et du temps de recharge !
Néanmoins, j’attends encore et toujours un engagement sérieux de la part des constructeurs sur la production, le recyclage et le chargement des batteries. L’extraction du lithium en Bolivie, en Argentine et au Chili étant très polluante, l’électricité acheminée dans les voitures venant plus d’énergies fossiles et nucléaire que d’énergie verte, la promesse d’un monde tout beau tout rose est loin d’être tenue.
Des entreprises du monde entier s’affairent à développer des batteries de nouvelle génération fonctionnant au sodium. Elles semblent prometteuses et beaucoup plus viable écologiquement parlant.
L’avenir nous réserve sans doute de belles (sur)prises électrifiées !

2
La note de la Leaf
Châssis étonnantDesign convaincantOptions innovantes pour la catégorie
Plastiques encore trop dursDirection peu communicativeCaisson Bose placé en plein milieu du coffre
71%cool !
Style70%
Habitacle60%
Moteurs75%
Comportement80%
Avis des lecteurs 2 Avis
71%