Avec l’arrivée des Model X et S 100D en Europe, Tesla nous a proposé de les découvrir à travers un Road-Trip entre Lyon et Turin en passant par de spectaculaires cols Alpins.

Etant plutôt un inconditionnel du moteur thermique, l’occasion était trop belle pour me confronter aux préjugés sur l’électrique.

Tout d’abord, que veut dire cette appellation 100D ?

Cela représente la capacité de stockage de la batterie : 100kWh. Elle remplace les versions 90D.

Le D est ici pour Dual. La Tesla est équipée de deux moteurs : un sur l’essieu avant et l’autre sur l’essieu arrière. Cela joue le rôle d’une transmission intégrale.

Avec cette nouvelle version, l’autonomie des Tesla n’a jamais été aussi importante. On peut allègrement dépasser les 450 kilomètres en utilisation normale, voire 550 si vous avez l’art de la conduite coulée.

Malgré son poids flirtant avec celui d’une baleine bleue. Les performances sont au rendez-vous ! Un 0 à 100 km/h abattu en 4,4 secondes pour la Model S et 5 secondes pour le Model X. Sans parler des versions « Performance » qui exécutent le 0 à 100 en moins de 2,4 secondes. Ce qui en fait la berline et le SUV les plus rapides du monde… rien que ça !

Mais assez parlé chiffres, revenons à ce Road-Trip très prometteur.

Nous sommes donc partis des quais de Saône à Lyon avec un Model X. Premier choc, la taille de la bête ! Quasiment 1,70 mètre de haut et un poil plus de 5 mètres de long soit la taille d’un Range Rover. Les Américains n’aiment pas faire dans la demi-mesure.

Mais cette taille est justifiée une fois à l’intérieur. Le phénomène est amplifié grâce aux surfaces vitrées du SUV. Elle a tout de même le record du plus grand pare-brise en production.

Avant de prendre le volant, mon copilote, fin connaisseur de Tesla m’explique le fonctionnement de la clef. Cela parait bête à première vue mais cette mini figurine de notre tesla est dotée de grands pouvoirs !

En effet, elle contrôle l’ouverture et la fermeture de toutes les portes et coffres du Model X : hormis la malle avant, tout est motorisé.

L’instant jouissif reste l’ouverture des portes Falcon. La cinématique, étonnamment rapide, ne peut laisser indifférent.

Etant de nature sceptique, j’imaginais ces portes comme un coup de communication réussi plutôt qu’une réelle avancée technologique. Erreur de ma part ! Elles permettent un accès aisé au 3ème rang ainsi qu’une grande facilité aux pères et mères de familles voulant attacher leurs enfants dans des sièges auto. La garde au toit étant énorme une fois les portières ouvertes. Finis les scènes de contorsionniste pour grimper à bord.

Mon pilote voyant que je trépigne d’impatience derrière le volant, saute sur le siège passager et nous sortons du parking de l’hôtel. Silence total…non pas par ce que nous n’avions rien à se dire mais parce  que nous nous laissions apprécier pendant 5 minutes l’insonorisation du Model X. C’est à ce moment que je comprends à quel point le bruit est un facteur essentiel dans notre façon de conduire. Inconsciemment j’adopte une conduite apaisante et écoresponsable… ce n’est pas forcément le cas avec un 6 cylindres en ligne sur vitaminé…

Nous prenons la route en direction de Chambéry en passant par un petit circuit à l’Est de Lyon.

L’environnement citadin n’est pas dérangeant malgré le gabarit. Le véhicule vous annonce sans arrêt si vous êtes trop près d’un obstacle, les angles morts vous sont annoncés. Et les autres usagers ne peuvent pas vous ignorer !

Une fois arrivé sur le circuit, nous troquons notre Model X pour une Model S 100D piloté par un instructeur connaissant parfaitement la piste. Âmes sensibles s’abstenir ! Le circuit étant court, il a le mérite d’être très sinueux ! Je suis très agréablement surpris par la Berline tout comme l’instructeur. C’est qu’elle est efficace pour une américaine ! Elle n’est pourtant  « que » chaussée en 245 mm de largeur… mais les transferts de masses, les freinages et les courbes ne l’effraient aucunement, elle avale le circuit sans broncher. Evidemment pour une certaine sécurité, elle est typée sous vireuse afin de rassurer la majorité des conducteurs. L’ ESP non déconnectable reste assez permissif et très doux dans ses actions. Rappelons que nous ne sommes pas dans une sportive tout de même. Pourtant, les sensations sont au rendez-vous.

Après un petit café bien mérité, nous reprenons la route en direction de Chambéry pour recharger les batteries du Tesla Model X ainsi que faire une pause déjeuner. Clément me montre sur l’immense écran de 17 pouces comment planifier l’itinéraire ainsi que les informations concernant la batterie du véhicule : Le SUV annonce une arrivée au Superchargeur de Chambéry avec 66% de batterie. Je suis assez dubitatif au vu de l’autoroute en légère pente que nous allons emprunter… Mon copilote essaye de me convaincre sur la fiabilité des algorithmes créés par les ingénieurs. On verra bien qui a raison à l’arrivée. Après 50 minutes d’autoroute à 130-135 km/h nous arrivons au Superchargeur avec… 65% de batterie ! Je suis bouche bée.

A la sortie de Chambéry, nous reprenons l’autoroute au volant d’une Model S 100D chargé à bloc pour s’enfoncer au bout de la vallée et attaquer la montée des alpes. L’occasion parfaite pour tester l’Autopilot. La sensation est très troublante au début, dans les premiers virages, il faut se battre contre ses réflexes pour ne pas donner un coup de volant avant l’ordinateur. Le système finit par vous mettre en confiance car ses agissements sont doux et prévoyants. A vrai dire, on y prend goût ! Une pichenette sur le comodo de clignotant et elle change de file toute seule ! En revanche, il s’est mis à stresser lorsque nous avons doublé des camions en courbe, ne comprenant pas la situation, le système préférait freiner plutôt que doubler mais des mises à jour corrigeront ces petits défauts d’après mon co-pilote. Car oui, une Tesla, c’est comme un Smartphone. Les ingénieurs apportent des améliorations et de nouvelles fonctionnalités au véhicule.

Nous finissons par sortir de l’autoroute afin de s’aventurer dans les magnifiques routes sinueuses des Alpes en direction du Lac du Mont Cenis à 10 kilomètres de la frontière Italienne. Le moment était parfait pour tester le comportement dynamique de la Model S de mes propres mains ! Premier bon point, les moteurs électriques ! Avec un couple de 660 Nm présent dès 0 tr/min, elle n’a aucun mal à s’extirper des épingles comme une fusée ! Pas de turbo Lag ou de creux à bas régime.

La motricité est sans faille. Les enchaînements de virages se font d’une extrême facilité. Cela est dû à sa transmission intégrale mais aussi à son châssis bluffant ! Les batteries étant logées sur toute sa longueur, elle bénéficie  d’un centre de gravité extrêmement bas et une répartition des masses proche de la perfection. On se retrouve avec un roulis inexistant et une stabilité irréprochable lors des freinages puissants. Une voiture de 2.4 tonnes est sensé plonger au freinage… Que nenni pour celle-ci. Nous avons même eu l’occasion d’humilier quelques motards en sortie de virage !

Nous décidons de faire une pause devant la magnifique vue de la vallée avant de changer de versant et rejoindre le lac du Mont Cenis.

Je prends mon temps afin d’admirer le spectacle naturel mais aussi les lignes des Model S et Model X. A titre personnel, mon cœur pencherait pour la Model S : Elle est certes plus conventionnelle mais ses proportions lui vont à ravir. Je suis moins Fan des SUV même si le Model X est un des plus réussis dans sa catégorie à mon goût. La signature lumineuse est plus agressive sur la berline et ses lignes de fuites me semblent bien plus fluides que sur le Model X. Je préfère aussi le système de poignée rétractable plutôt que tactile.

Cotés intérieur, nous pouvons noter le confort de la sellerie sur les deux modèles. Le maintien est bon, les réglages sont nombreux, vous pourrez forcément trouver votre position de conduite. Le premier rang est identique sur les deux modèles : Il est très bien fini, les rangements sont énormes, en particulier sous l’accoudoir. Le design et les finitions sont léchés hormis le pédalier et les commandes de vitres. Je me permets de la comparer aux standards allemands car ce qu’elle perd en finition, elle le gagne en originalité ! Il vous est proposé de très beaux bois pour la planche de bord et un cuir… « Vegan » comme le disait Clément ! En effet, cette sellerie de teinte blanche est très proche d’un cuir classique en terme de vue et de toucher, pourtant elle n’utilise aucune peau animale. Option novatrice c’est le moins que l’on puisse dire ! Mais le cœur de l’intérieur reste l’immense écran central de 17 pouces placé à la verticale. Il regroupe toutes les informations et paramètres du véhicule. Je ne pourrais même pas tout vous citer ! Quoi qu’il en soit, après un petit temps d’adaptation, on ne peut qu’apprécier l’ergonomie et la fluidité du système. Le véhicule est fourni avec une clef 4G et un abonnement Spotify gratuit à vie. Vous pouvez donc surfer sur internet tout en écoutant le dernier morceau de votre artiste préféré et vous faire guider où vous voulez. Vous avez dit multitâche ?

Après la traversée de l’autre versant, nous arrivons sur le Lac du Mont Cenis et son eau d’un bleu si pur. Nous en profitons pour diner sans recharger les voitures et repartons en direction de Turin le soleil couchant. L’instant est presque poétique, Clément et moi profitons des derniers rayons pour admirer les villages italiens et leurs bâtisses historiques, nous roulons fenêtres ouvertes pour se laisser embaumer par les senteurs de début d’été tout cela dans un silence… électrique.

Au bout d’une petite heure de route, nous arrivons à l’hôtel, les voitures branchées aux Superchargeurs. Une bière s’impose pour repenser à cette journée bien remplie !

Juste avant de me coucher, j’ai cherché sans relâche des défauts à accorder au véhicule durant ce Road-Trip … Sans doute la tâche la plus difficile de ma mission !

J’ai pu relever que le pédalier n’est pas à la hauteur du standing intérieur, les molettes présentes sur le volant sont peu précises (réglage du son par exemple). Quelques ajustements de carrosseries sur le Model X ne tombent pas parfaitement en face. Et l’absence du MirrorLink/CarPlay/Android Auto.

Hormis cela, les Tesla sont d’une conception plus que rigoureuse. Pour une entreprise aussi jeune, cela relèverait presque du miracle.

J’attendais cette expérience avec impatience car pour moi le plaisir de conduite, c’est une boite mécanique, un moteur essence, le tout envoyé au roues arrières. La Tesla en était le parfait contraire : je souhaitais confronter et peut être détruire tous les préjugées que j’avais sur l’électrique. Et autant vous dire que Monsieur Musk et toute son équipe ont fait un travail sensationnel.

J’oserais même comparer la Model S à la Citroën DS. Une voiture considérée comme OVNI à sa sortie : un ovni sur route qui a fini par révolutionner l’automobile. La berline électrique en est une héritière. Elle remet en cause tout ce que vous connaissez dans l’automobile, et vous offre un plaisir de conduite complètement différent et pourtant bien présent mais surtout, elle vous démontre point par point que la propulsion électrique est le future le plus viable pour l’automobile :

– Un coffre immense dû à l’absence de moteur thermique

-un agrément de conduite décuplé grâce au couple moteur disponible dans l’immédiat, à n’importe quelle allure.

-une technologie fiable et sans prise de tête pour planifier vos voyages sans connaitre la panne sèche.

-un réseau de recharge rapide et développé pour vous éviter de nombreux détours.

Nous sommes qu’aux prémices de l’automobile électrique mais Tesla a déjà compris la plupart des rouages pour engager la transition et rendre notre automobile plus propre.

Si vous souhaitez vous confronter à mon expérience, je vous laisse cette adresse sur le site Tesla www.tesla.com/greatestdrive.  Et si vous êtes sélectionné, vous aurez la chance de vivre le même Road-Trip que Clément et moi. Je vous souhaite bonne chance !

 

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