Haute Couture

 

C’est ma première pensée en découvrant le Gran Coupé, version 4 portes du coupé BMW Série 6 … Avec des tarifs allant de 82 000 € (640i Excellis) à presque 120 000 € (650xi Exclusive Individual) hors options, ses concurrentes s’appellent Porsche Panamera et Maserati Quattroporte. Le CLS ne peut rivaliser qu’en 500 ou 63 AMG et l’Audi A7 en versions S7 et RS7. Pour pénétrer ces hautes sphères, la Série 6 Gran Coupé mets les petits plats dans les grands et facture ses prestations au prix fort. Ses prestations, parlons-en.

L’apprêt

N’ayant jamais accroché visuellement à la dernière mouture du coupé BMW Série 6, je dois vous avouer qu’avec 11 cm d’empattement et 2 portes supplémentaires, cette version Gran Coupé en impose, et c’est peu dire. Elle dépasse les 5 m de long ! Avec 1,89 m de large et seulement 1,39 m de haut,  la bavaroise joue les mannequins. Fine et élancée, la ligne profite de cette rallonge pour gagner en fluidité et elle paraît plus mature que celle du coupé 2 portes. On en viendrait presque à penser que le coupé est une extrapolation quelque peu « bâclée » du Gran Coupé … Quelle prestance !

   

Mon jouet du jour ? Une version 640d xdrive en finition Exclusive bardée d’options. Attention, pas « toutes options » version leboncoin. Non ! Full options ! Je vous donne le quinté de tête dans l’ordre : En plus de la dotation de la finition haut de gamme Exclusive on retrouve le Système audio Bang & Olufsen (5000€), Adaptativ Drive (4000€), Night Vision (2300€), phares full LED (2250€) et on termine avec le toit ouvrant et le système de vision tête haute HUD affichant tous deux un modeste 1300€ 😉 Du coup, la facture grimpe à 130 000€ !

   

A l’intérieur c’est la claque ! Je suis dans un Jet Privé … La planche de bord et le haut des contre-portes reçoivent un somptueux cuir noir à surpiqures contrastées tandis que de l’alcantara idoine parcours le pavillon et vient border le toit vitré entrebaillable. Le tout est relevé par des inserts en peuplier gris. Malgré la dominante foncée, l’habitacle est loin d’être austère. Les ajustements sont au poil est la qualité des matériaux utilisés est hallucinante. Les sièges sport se règlent au nanomètre et la position de conduite idéale se trouve rapidement. A l’arrière, deux passagers peuvent voyager en toute quiétude dans la banquette creusée formant deux baquets confortables. L’espace aux jambes est très bon, merci l’empattement rallongé. Un troisième passager peut également prendre place au milieu, mais pour de petits trajets, la place y étant comptée. Les fautifs ? Le tunnel de transmission et l’assise centrale étroite. Ca dépanne sur un Paris-Nanterre, mais n’espérez pas aller jusqu’à Deauville …

 

Le défilé

Sur la route, le vaisseau est royal. Tout n’est que calme, luxe et volupté (désolé pour la formule…). L’Adaptativ Drive en mode confort, les aspérités et les gendarmes couchés sont filtrés efficacement et la direction, un peu trop assistée à mon goût, se montre tout de même précise. Le 6 cylindres en ligne diesel du 640xd fait preuve d’une onctuosité sans équivalent dans sa catégorie, notamment grâce à la très bonne boite auto 8 rapports et aux 630 Nm de couple, disponibles quasiment dès que vous effleurez la pédale de droite.

Quand la route s’élargit et que la circulation de raréfie, le mode sport permet d’affermir la suspension et les barres antiroulis actives font des merveilles. En courbe, ça rentre fort sur les freins (plutôt bons aux vues des 2 tonnes du bestiau), c’est mobile juste qu’il faut pour bien placer l’avant, bien aidé par la direction s’améliorant avec l’allure. Pas de réactions parasites ni de sensations de torsion dues à l’empattement très long et ça ressort très (très) fort quand les 313 ch sont lâchés. Le tout sans arrière-pensée, en particulier quand l’auto est équipée du xDrive, pouvant renvoyer du couple aux roues avant tout en privilégiant la poupe, on est chez BM tout de même. Ces sensations sont décuplées par la position de conduite idéale, très basse et par le maintien génial des sièges sport. Chose bien, avec les suspensions raffermies, le confort n’est pas gâché et les gommards en 245/40/19 à l’avant et 275/35/19 à l’arrière renvoient juste ce qu’il faut d’informations.

En ligne droite, qu’on se le dise, ça accélère fort. Le 0 à 100 est plié en 5,3s et la poussée, loin d’être violente (ce n’est pas le but), est constante et les 250 km/h sont atteints très rapidement.  Ça reprends très bas (le couple maxi à 1500 trs/min) et longtemps, très longtemps. Clairement, un mazout qui attrape 5500 trs/min ( ?!?) aussi facilement que beaucoup de V8 essence ça impressionne toujours.

Mais je m’égare là. L’utilisation première qui sera faite de cette auto, c’est le « fast crusing » et je dois dire qu’elle excelle dans ce domaine. A train sénatorial, c’est l’habitacle qui impressionne. L’ambiance est indescriptible tant on a la sensation d’être aux manettes d’un avion. Sensation renforcée par le pavillon très bas, le toit vitré et la vision tête haute. Fin du fin, le système B & O est bluffant de par sa restitution ultra-fidèle, mise en avant par l’insonorisation poussée et par le confort de roulement. Un indispensable pour les « loggionistes ».

Pour l’élite ?

Cette Série 6 Gran Coupé est une auto destinée aux esthètes et autres hédonistes, qui souhaitent disposer de l’habitabilité et du confort d’une berline, en y ajoutant une plastique et des prestations dynamiques de haut vol, habituellement l’apanage d’autos bien plus exclusives. Après avoir passé ce moment en sa compagnie, j’avoue avoir été séduit par ce joujou (extra…) qui offre un très bon compromis entre ces deux mondes, à condition d’y mettre le prix …

 

Pouce levé : La ligne, le moteur, l’habitacle, le comportement routier.

Pouce baissé : Les tarifs, les options ultra-nombreuses, fragilité des jantes et de la carrosserie.

 

Fiche Technique : 640d xDrive Gran Coupe (F06)

 

–          6 cylindes en ligne 3 litres – 313ch à 4000 tr/min – 630Nm à 1500 tr/min

–          1945 kg en ordre de marche

–          5,01 m de long, 1,89 m de large et 1,39 m de haut (empattement 2,97 m)

–          Réservoir 70 litres

–          Coffre de 460 à 1250 dm3

–          0 à 100 km/h en 5,3s – 250 km/h en pointe (bridée électroniquement)

–          Conso. Mixte d’environ 8,5 l/100km

–          Rejets Co2 : 158g/km (malus de 1000€)

 

Un grand merci à Bayern Automobiles son accueil et pour la mise à disposition de la belle et à Franck Belard pour sa gentillesse et ses précieux conseils.

 

 

Jean-Baptiste Dessort – Le Billet Auto.

 

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