TAJ MAHAL PALACE

 

Le constructeur Britannique Land Rover, entré en 2008 sous le giron du groupe Indien Tata, dévoile fin 2012, lors du Mondial de Paris, la toute nouvelle version du mythe, roi des 4×4 de luxe, j’ai nommé sa majesté Range Rover (le vrai, pas celui des footballeurs…).

Le tour du proprio

En cet après-midi de fin mai, j’ai pu prendre en mains cette nouvelle mouture du « Range » lors d’un essai sur le pouce.Me voici donc à côté de son altesse sérénissime pour un tour du propriétaire. En toute honnêteté je n’en mène pas large … Lui si !

Légèrement plus long (4,99m) et plus large (2 mètres rétros repliés !) que celui qu’il remplace (déjà pas petit), le nouveau Range en impose. Ses lignes sont plus fluides, moins massives et reprennent les nouveaux codes stylistiques de la marque. De par sa prestance et son gabarit, il se pose comme l’expression automobile du somptueux Taj Mahal Palace, fameux hôtel 5 étoiles de Mumbai (Bombay). Ce bâtiment gigantesque disposant de plus de 500 chambres  fut d’ailleurs construit par Jamshedji Tata, le fondateur du groupe éponyme…

La comparaison ne s’arrête pas là, car à l’intérieur c’est le (très) grand luxe. Dans l’habitacle, que dis-je, dans la « master suite », tout est fait pour que vous vous sentiez dans le salon de votre Country-Club.

Les matériaux utilisés sont tous plus qualitatifs les uns que les autres ; bois précieux, cuir semi-aniline, aluminium et moquette épaisse, ajustés au micron et mêlés avec goût. Spécialement avec l’option cuir étendu équipant notre modèle du jour, un SDV8 en finition Vogue, quelques peu optionné il est vrai.   Environ 15 000€ d’options dont l’indispensable système audio Meridian Signature Référence 29 haut-parleurs de 1700W (4900€) absolument bluffant. A rajouter aux 107 800€ « de base », nous roulons donc dans un véhicule de quasiment 123 000€ ! A cela, il faudra ajouter un malus de 6000€ car le bébé rejette 229 g/km de CO2.

Equipé comme une navette spatiale, le Range dispose de caméras lui offrant une vision panoramique, bien utile en tout terrain ou, plus fréquent, aux intersections. Elles permettent également de venir atteler le timon de la remorque de votre yacht en toute sécurité. L’écran GPS est à double champs de vision (le conducteur dispose du GPS et le passager peut regarder un DVD en même temps sur le même écran) tandis qu’à l’arrière, les passagers, installés comme dans une limousine, disposent eux aussi d’écrans pour visionner leur film préféré. Le hayon, à double ouverture évidemment, cache un coffre colossal (2m3 banquette rabattue !).

Ce n’est pas tout, mais il faudrait peut-être y aller ! Je jette mon manteau sur le siège arrière (je ne peux tout simplement pas l’atteindre en me penchant …) et me mets à l’aise dans le fauteuil ventilé et chauffant au maintien plus que correct.

 

 

Un monde à part

Contact, le V8 4,4L Diesel s’ébroue dans le plus grand des silences. A l’intérieur, rien ne laisse présager une mécanique au mazout. Ambiance feutrée, vibrations inexistantes, seul un coup d’œil à l’écran sous vos yeux, servant de bloc d’instrumentation, vous indique que le moteur tourne. Avec le Terrain Response, la suspension active et les trains roulants peuvent s’adapter à n’importe quelle condition (auto, sable, rocaille, herbe/gravier/neige ou boue/ornières … lune et mars …). Notre essai se déroulant essentiellement sur route, je laisse la molette en position enfoncée, nouveauté de cette version, laissant les différents calculateurs opérer plus de 500 fois par seconde pour « lire » la route afin d’adapter le comportement du vaisseau quel que soit la surface.

La molette de la boite, elle, est sur Drive et nous pouvons donc y aller. Dès le lâcher de pédale, ce qui saute aux yeux, c’est le couple. Le V8 turbo diesel en déborde (700Nm de 1750 à 3000 tr/min) et ça se sent ! On effleure la pédale et les 2400 kg de l’engin bondissent. Nous voici donc, enroulant doucement le chemin jalonné de nids de poules menant vers la sortie de l’hippodrome de Bordeaux. Ou plutôt en le survolant. L’absence totale de secousses au sein du cocon dans lequel nous nous trouvons, me force à me demander si les énormes galettes de 20 pouces (chaussées en 275/50) sont en contact avec le sol.

Nous évoluons à présent en ville et le premier constat est sidérant. L’agilité et l’angle de braquage sont tout simplement étonnants pour un engin de ce gabarit. La boite 8 rapports de chez ZF est un modèle de rapidité et de douceur. Grâce à l’insonorisation ultra-poussée on est coupés du monde. Dès que la route s’élargit, l’occasion d’ouvrir un peu me permet de prendre la mesure des progrès effectués en termes de poids et de prise de roulis. La suspension pneumatique et l’anti-roulis actif font des miracles. Le palais sur roues vire à plat quel que soit le rayon de la courbe. La direction, impériale en ville, se montre cependant avare en remontés d’informations quand le rythme accélère mais rien de grave.  Sur voie rapide, le vaisseau est impérial. Le moulin, lui, plein comme un œuf, délivre sa puissance plus que suffisante  de façon linéaire, merci le couple de camion, et offre au Range des performances de premier ordre. Dans les grandes lignes, le 0 à 100 est avalé en 6,9 s (a peu de choses près le temps d’une Clio R.S ou d’une 208 GTI …) et la vitesse de pointe culmine à 218 km/h. Et pour stopper tout ça me direz-vous ? Et bien le système de freinage développé par Brembo fait des merveilles ! Je n’ai malheureusement pas pu jauger l’endurance à l’échauffement mais les décélérations sont franches, stables et rassurantes. Le feeling à la pédale est quant à lui parfait avec une attaque très claire, directe et consistante. En plus d’être puissant et performant, le confort est royal et le silence de fonctionnement est digne de Rolls Royce ou Bentley.  Durant l’essai, la consommation sur un cycle mixte, annoncée par le constructeur à 8,7L/100km, s’est avérée tourner plutôt autour des 11,5L. Ça reste une belle performance pour un immeuble de 339 ch. Après ce court essai, il est temps de rentrer pour faire le point.

 

 

Un cran au-dessus

La panacée ? La quadrature du cercle ? Comme dirait l’autre : quasi ouais … Vous l’aurez compris, ce nouveau Range Rover,  tout comme ses prédécesseurs, pose une nouvelle référence en matière de luxe, de raffinement et de polyvalence ; sur et en dehors de la route. Nous ne sommes clairement pas dans la même catégorie que les X5, Q7 et autres ML.

Avec des tarifs (hors options) allants de 89 800€ (TDV6 258ch HSE) à 128 000€ (V8 Supercharged 510ch Autobiographie) la concurrence s’appelle Mercedes Classe S et Bentley Flying Spur.

Si vous êtes en quête d’un véhicule statutaire, polyvalent, équipé de technologies de pointe et disposant d’un capital « classe » connu des seules Porsche 911 et autres Aston Martin, ne cherchez plus !

 

Jean-Baptiste Dessort, Le Billet Auto.

 

Pouce levé : L’agrément du SDV8 et de la boite 8, le confort, l’espace, la sono Meridian, la position de conduite.

Pouce baissé : La ligne, les tarifs.

GALERIE PHOTOS

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