Voilà, cette 84ème édition des mythique 24 Heures du Mans s’est terminée, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle nous a réservé de nombreuses surprises.

Le retour de Ford dans la Sarthe était très attendu avec la nouvelle Ford GT bourrée d’espoir reposant sur ses culasses. Contrairement à leur plus grande victoire il y a 50 ans jour pour jour, ce n’est pas dans la catégorie reine qu’elles sont engagées mais en GTE Pro. Le duel Ford/Ferrari reprend, même, si à l’époque, les Porsche 906/6L Carrera 6 avaient concurrencé les Ford GT40 Mark.II puisque les Ferrari 330 P3 avaient dût abandonner sur divers problèmes mécaniques.

Cette année les Ford GT ont affronté les Ferrari 488 GTE et les Porsche 911RSR. Sans pour autant dominer la catégorie, on voyait clairement que les Ford des teams Chip Ganassi étaient bien nées pour ces 24 Heures du Mans.

Première grosse surprise au moment du départ, une première en 110 ans et 84 éditions, celui s’est effectué derrière le Safety Car, et ce pendant près d’une heure sous les sifflets du public. Une fois l’Audi R8 de sécurité rentrée au stand, la meute s’est élancée derrière les Porsche 919 Hybrid. Première déconvenue après deux heures pour Audi, la N°7 est obligée de rentrer dans son box pour changer le turbo (ce qui sera fait en moins de 20mn) et elle ressortira a la 57ème position au général.

La suite de la course se déroule plutôt bien, quelques Slow Zones sont instaurée afin de sortir les quelques voitures qui tirent tout droit. La première sortie des Safety Cars est demandée après la 8ème heure de course, ce qui démontre que l’instauration des Slow Zones permet de laisser la course se dérouler tout en assurant la sécurité des commissaires intervenant sur ou le long de la piste.

La nuit se déroule paisiblement, les pilotes adoptent un rythme plus tranquille (si on peu dire) tournant en moyenne 8 secondes plus lentement. La Porsche N°1 a dû passer près de 3h dans son box pour un problème technique. En piste, et dans toutes les catégories, les premiers se tiennent en quelques secondes. La casse du moteur de la Porsche N°91 laisse échapper beaucoup d’huile au niveau des S Porsche ce qui causse pas mal de sortie de pistes. Les Safety Cars sont obligées de rentrer pour calmer tout le monde et laisser le temps aux commissaires de mettre de la poudre absorbante sur la piste.

Au lever du jour, la fatigue se fait vraiment ressentir pour les pilotes entrainant pas mal de sorties de piste. Si jusque là les accidents n’étaient pas très importants,  n’occasionnant que peu de dégâts, le lever du jour change la donne. Premier gros accident, la Corvette C7.R N°64 du Corvette Racing – GM pilotée, à ce moment là, par Tom Milner Jr, percute violemment les pneus à l’entrée de la chicane Dunlop, puis c’est au tour de l’Alpine N°35 de tirer tout droit dans la chicane Forza et de percuter fortement le mur opposé. Aucune blessure n’est à signaler pour ces deux accidents mais l’abandon est inévitable.

Si jusque là tout le monde s’accordaient à dire que Toyota allait enfin gagner sa première fois au Mans, par l’intermédiaire de la TS050 N°5, c’est sans compter sur un rebondissement que personne ne pouvais imaginer. Quand les spécialistes de la discipline disent qu’une course d’endurance n’est jamais gagnée avant d’avoir franchi le drapeau à damier, ils ont fortement raison. A 5mn du terme de cette course, la Toyota N°5 était en tête avec près de 40s d’avance sur la Porsche N°2, lorsque soudain sans que personne ne voit rien venir, Kazuki Nakajima annonce à la radio qu’il n’a plus de puissance. Tout le monde est stupéfait de voir la Toyota plafonner à 185km/h dans la section rapide entre Mulsanne et Indianapolis. Bien entendu, l’ingénieur de Niel Jani lui donne l’information en lui disant d’attaquer. Il reste un tout petit plus de 3m lorsque la N°5 s’arrête juste après avoir franchi la ligne de départ/arrivée et voit la N°2 la dépasser et prendre la tête.

C’est dans une atmosphère de liesse chez Porsche mais dans les larmes chez Toyota que le drapeau à damier est abaissé, offrant ainsi la victoire à l’équipage Porsche 919 Hybrid N°2 composé de Niel Jani, Romain Dumas et Mark Lieb. Suivent la Toyota TS050 N°6 de Stephane Sarrasin, Mike Conway et Kamui Kobayashi et  l’Audi R18 N°8 de Lucas Di Grassi, Loic Duval et Oliver Jarvis en une troisième place inespérée puisque la Toyota N°5 n’a pas pu terminer le tour pour être classée.

Coté GT la catégorie GTE Pro voit s’imposer la Ford GT N°68 de Ford Chip Ganassi Team USA de Dirk Müller, Sebastien Bourdais et Joey Hand devant la Ferrari 488 GTE N°82 de Risi Competizione pilotée par Giancarlo Fisichella, Toni Vilander et Matteo Malucelli et en troisième position on retrouve la Ford GT N° 69 de Scott Dixon, Richard Westbrook et Ryan Briscoe.

Une 84ème édition pleine de rebondissements mais aussi d’histoires émouvantes, comme celle du stand 56. Un stand réservé pour l’innovation, la recherche en nouvelle technologie. Cette année ce box est occupé par une LMP2 un peu particulière, une Morgan-Nissan pilotée par Frederic Sausset, Christophe Tinseau et Jean Bernard Bouvet. La particularité de cette voiture N°84 tient au fait que Frédéric Sausset est le tout premier pilote quadri amputé de l’histoire des 24 heures du Mans. Entouré par 2 pilotes chevronnés, (11 participations pour Christophe Tinseau et 9 pour JB Bouvet) Frédéric Sausset prouve une nouvelle fois que les seules barrières en matière de sport sont celles que l’esprit se dresse. Une grande preuve de courage et de détermination puisque cette Morgan-Nissan reliera l’arrivée après avoir bouclé 315 tours (seulement 69 tours de moins que le vainqueur).

Il ne faut pas oublier de penser aux plus de 1800 commissaires de course, tous bénévoles, qui ont fait un superbe travail en assurant la sécurité des pilotes tout en assurant leur propre sécurité. Félicitations Messieurs, Dames.

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