Ça ne vous aura probablement pas échappé, on a pu couvrir le Salon de Genève cette année pour les journées presse – Victoire !!! – et nous avons pu nous y rendre au volant d’une auto qui attisait notre curiosité. La Volvo 40 Cross Country. Mi-Berline compacte, mi-break, fait-elle oublier sa devancière et fait-elle bien le pont entre une Renault Mégane et une Audi A3 ?? Réponse …

Volvo est une marque qui pour moi n’a jamais manqué d’image, contrairement à ce que certains affirment. Des mauvaises passes ? Qui n’en a pas eu ? Des doutes ? Qui n’en a jamais eu ? A présent, la marque scandinave a le vent en poupe et fait peu à peu renaitre sa gamme avec des modèles plus ou moins intéressants. Parmi eux, la V40. Après avoir délaissé son physique de break pour endosser le chasuble de la fameuse berline compacte, le doute m’a envahi et cette nouvelle mouture de V40 m’a laissé perplexe … J’ai donc décidé d’accomplir notre Road Trip genevois au volant de celle-ci. Et pas n’importe laquelle ! Une version Cross Country – comprenez surélevée pour répondre aux attentes de la « nouvelle » ville – et surtout, équipée du nouveau D4. Le diesel de pointe perd 1 cylindre (il passe de 5 à 4 cylindres) mais gagne un double turbo (basse et haute pression) et la boîte 2 rapports en version geartronic pour en afficher 8. Avec son 4 cylindres de 190ch, sa boîte auto désormais à 8 rapports et son look (uniquement le look) de baroudeuse, cette V40 saura-t-elle nous convaincre ?

Ça a de la gueule ?

Premier contact, l’esthétique. Moins pointue et « recherchée » qu’une Audi A3, plus racée et présente qu’une Mégane, le contrat est rempli. Cette V40 fait bien le pont entre le « mainstream » et le premium (en se rapprochant plus du premium quand même). C’est une histoire de goûts mais personnellement j’aime bien. De toutes façons vous roulez en Volvo donc vous avez quoi qu’il arrive une démarche personnelle dans le choix esthétique de votre auto.

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Et dedans c’est comment ?

A l’intérieur, je ne suis pas déçu. La présentation est excellente et la finition est pile entre les deux mondes. Que ce soit sur les ajustements ou sur la qualité des matériaux, cette Volvo fait bien mieux que la concurrence française et « access » allemande tandis qu’elle reste un poil en dessous du prémium, Audi A3 en tête. Pour résumer, elle se situe entre une Volkswagen Golf et une BMW Série 1. La sellerie bi-ton noisette/anthracite de notre modèle est du plus bel effet. Question ergonomie, c’est assez bien pensé. L’ancien système GPS Volvo a disparu et c’est tant mieux. Fini de savoir d’où vous venez mais pas où vous allez, fini les longues heures de galère et les cartes routières qui inondent la – trop petite – boîte à gants. C’est enfin à la hauteur. Clair, intuitif, précis, le GPS fait des merveilles. Au niveau du multimédia, tout y est. Disque Dur, USB et Bluetooth sont au rendez-vous. C’est la moindre des choses pour une auto de cette catégorie. L’équipement est complet avec les radars av/ar, la caméra de recul, les sièges et pare-brise chauffant. Mention spéciale pour le Système harman/kardon (option) qui m’a bluffé par sa dynamique et sa clarté pour un habitacle de cette taille. Amis mélomanes, n’hésitez pas a investir, ça vaut le coup …

La technologie est bien présente. Le système de surveillance des angles morts (Blis) fait des merveilles tandis que le City Safety veille au grain et peut anticiper un freinage jusqu’à 50 km/h. Si jamais ces systèmes échouent, l’airbag piéton est de série.

Côté confort c’est plutôt bon. La suspension tarée un peu ferme en compression se rattrape par une détente bien jaugée et des sièges ultra-confortables. Il n’y a que sur des trajets de plus de 3/4h que ceux-ci vous décevront un peu en raison du manque de réglage lombaire. En conduite sportive, les sièges sus-mentionnés font des merveilles grâce à leur maintien parfait, même au niveau des épaules. La direction est précise et bien assistée. Elle est également paramétrable via les réglages de l’auto. Je vous conseille de la laisser en moyen, ce qui permet d’avoir une bonne assistance en ville et un feeling plutôt bon sur le roulant. L’ergonomie est très bonne. Le système GPS/Multimédia se commandant au choix par la console centrale, par le volant ou par la commande vocale (très intuitive), étant beaucoup plus clair qu’auparavant y est pour quelque chose. Les commandes sont bien disposées, tout tombe facilement sous la main. Pour les geeks, le combiné d’instrumentation digital propose plusieurs ambiances. ECO, que fond bleu/vert qui calme et incite à l’économie, ELEGANCE, avec son ambiance bleutée et PERFORMANCE qui vire au rouge et vous envoie votre vitesse instantanée en numérique tandis que le compte-tours prend plus d’importance. Agréable chez Volvo, la console centrale creusée dégage derrière elle un rangement utile. La faible surface vitrée est largement compensée par le toit vitré (non-ouvrant) de série sur notre finition Xénium.

 

 

Ça roule bien ?

C’est la première question que je me suis posé en prenant la route. En devenant berline compacte, la V40 a-t-elle perdu de son côté routier sur l’autel de l’aisance en centre-ville ? Et bien non, il n’en est rien. La garde au sol supplémentaire de 4 cm de notre version Cross Country n’y change rien, cette Volvo est à son aise sur la route. Le nouveau 4 cylindre remplaçant le 5 pattes sur la version D4 sort ses 190ch sans problème et le couple maxi de 400Nm (dispo à 1750 tr/min) dispose d’une belle plage d’utilisation. En cela, le bloc est bien aidé par le boîte Geartronic à 8 rapports parfaitement étagée. Des accélérations vives, des reprises dynamiques et un petit 1900 tr/min à 140 compteur. De quoi abaisser les rejets de CO2 à 112g/km et afficher une conso mixte de 4,2L/100km. Lors de notre périple de 1500km, la conso moyenne s’est élevée à 6,7L/100km mais vous vous en doutez, j’ai le pied un peu lourd. Non pas faute aux sempiternels bouchons genevois mais plutôt aux routes secondaires savoyardes toutes en courbes et virolos qui incitent à la conduite dynamique. Sur ces routes, la V40 sait se montrer joueuse. Un train avant incisif, bien réglé et rarement dépassé sur les intérmédiaires, un train arrière sage qui enroule poliment et un moulin dispo qui permet d’exploiter sereinement le mode sport/manuel de la boîte via les palettes au volant (oubliez le levier, il est dans le mauvais sens).

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Alors, ça vaut le coup ?

Habitable, pratique au quotidien, stable et silencieuse sur l’autoroute, dynamique voir joueuse, cette V40 Cross Country m’a étonné. La question stylistique reste purement subjective mais je dois avouer qu’elle a le mérite de proposer quelque chose de différent de la norme allemande et de l’impersonnalité française (nouvelle 308 mise à part). Là où le bât blesse, c’est au niveau du tarif. La V40 est proposée à partir de 26 750€ ce qui est plutôt raisonnable au vu de l’équipement de série déjà complet, notamment en terme de sécurité mais notre version Cross Country D4 Xénium un peu optionnée est affichée à 43 415€, ce qui commence à faire cher … très cher. Quoi qu’il en soit, cette Volvo offre une alternative à considérer face à la concurrence allemande Audi, BMW et Mercedes en tête. Une autre image, un côté « j’ai du goût mais je ne suis pas dans le dogme prémium » et l’avance suédoise en terme de sécurité font de cette V40 une auto attachante qui ne m’a pas déçu une seule seconde lors de notre Road Trip.

 

Galerie photo :

 

Jean-Baptiste Dessort / Le Billet Auto

 

Fiche Technique :

Moteur : 4 cylindres en ligne diesel 2 litres transversal double turbo

Puissance : 190ch

Couple : 400Nm à 1750 tr/min

Transmission : Aux roues avant

Dimensions  L x l x h (m) : 4,37 x 1,78 x 1,46

Poids : 1420 kg (à vide)

0 à 100 km/h : 7,5s

VMax : 210 km/h

 

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